Une piscine enterrée modifie la base d’imposition dès que les travaux sont finis. L’administration fiscale classe ce type d’installation parmi les dépendances bâties. Elle impose de déclarer sa présence dans un délai de 90 jours après achèvement. Très vite, la valeur locative cadastrale grimpe : elle s’alourdit pour presque tous les bassins, quelle que soit leur surface, alors que d’autres équipements extérieurs sont traités autrement. Depuis 2023, la surveillance par satellite accélère la répression : les bassins non déclarés risquent la régularisation rétroactive. Pour 2025 et 2026, les règles évoluent à nouveau, avec un suivi renforcé et des barèmes actualisés.
Impôt et piscine : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Dès qu’une piscine sort de terre, la fiscalité de votre habitation bascule. Un bassin neuf, enterré, semi-enterré, sous abri ou intérieur – se traduit quasi automatiquement par une majoration de la valeur locative cadastrale. C’est sur cette base que la taxe foncière est calculée, tout comme la taxe d’habitation si votre résidence n’est pas principale. Au-delà de 10 m², l’impôt tombe sans distinction sur le bassin, peu importe le modèle, notamment celui de 8×4 m, véritable classique. À l’écart de ces règles : les piscines hors sol amovibles et les petits bassins de moins de 10 m² échappent à la taxe foncière et à la taxe d’aménagement.
Pour que la différence soit claire, voici un aperçu des principaux cas de figure :
- Piscine enterrée, semi-enterrée ou intérieure : imposition totale : taxe foncière, taxe d’habitation (si résidence secondaire) et taxe d’aménagement.
- Piscine hors sol amovible : aucune de ces taxes n’est appliquée.
- Bassin de moins de 10 m² : exonération de la taxe d’aménagement.
La taxe d’aménagement intervient à la construction. Elle porte sur la surface du bassin, au tarif annuel en vigueur (entre 251 et 262 € le m²), multipliée par les taux locaux fixés par la commune et le département. Cette taxe ne frappe qu’une seule fois. Si un abri de piscine dépasse 1,80 m en hauteur, le dispositif fiscal se double d’un prélèvement calqué sur la même logique.
Impossible de contourner l’étape déclarative. Une fois les travaux achevés, il faut signaler la piscine aux impôts dans les 90 jours. Un simple oubli peut déclencher une régularisation, un rappel, voire un redressement, même plusieurs années après. Les services fiscaux disposent aujourd’hui d’outils technologiques puissants : images satellites, croisements de bases cadastrales, inspection active. Avant d’entamer les travaux, il vaut mieux anticiper cette réalité pour éviter les mauvaises surprises.
Quelles taxes s’appliquent lors de la construction d’une piscine ?
Faire bâtir un bassin implique plusieurs prélèvements à connaître, répartis en trois branches distinctes. Première marche : la taxe d’aménagement, qui concerne tous les bassins de plus de 10 m², depuis l’enterré jusqu’à l’intérieur. Elle dépend de la surface du plan d’eau, d’un montant fixé annuellement (251 à 262 € par mètre carré) et des taux additionnés de la commune et du département. En Île-de-France, une part régionale allonge la note. Cette ponction ne se produit qu’une fois, l’année suivant votre déclaration d’achèvement.
La taxe foncière concerne le bien dès lors que la piscine est rattachée au sol et ne se démonte pas sans intervention lourde. Le bassin rehausse la valeur locative cadastrale, qui devient le socle du calcul de la taxe foncière chaque année. Un abri de piscine dépassant les 1,80 m rajoute une couche d’imposition selon ces règles.
Vient ensuite la taxe d’archéologie préventive. Moins connue, elle s’applique à tous les dossiers soumis à la taxe d’aménagement. Avec un taux de 0,4 % de la valeur forfaitaire, elle alimente le budget des fouilles préventives. Même si elle reste discrète sur les factures, elle s’ajoute bel et bien aux coûts du projet.
Certains types de piscines sont épargnés par ces taxes. C’est le cas des bassins amovibles hors sol et de ceux d’une surface inférieure à 10 m², qui ne sont pas soumis à ces prélèvements. Toutefois, la déclaration dans les 90 jours en ligne reste la règle pour tout autre bassin fixe une fois le chantier terminé.
Calcul du montant : exemples concrets selon la taille du bassin
Le calcul de l’impôt lié à une piscine varie selon la nature et les dimensions du bassin. Pour illustrer, prenons le scénario le plus courant : une piscine enterrée de 8 m sur 4, soit 32 m². Dès qu’un bassin franchit la barre des 10 m², la taxe d’aménagement s’applique, tout comme la hausse de la valeur cadastrale justifiant la taxe foncière.
Voici comment se déclinent les calculs dans les cas principaux :
- Taxe d’aménagement : pour une piscine de 32 m², la base est obtenue en multipliant la surface par la valeur forfaitaire (262 €/m² pour l’année 2024). On applique ensuite les taux locaux au total (par exemple 5 % commune, 2,5 % département). Résultat : 32 x 262 = 8 384 € de base. Montant réel à régler : autour de 629 € en une seule fois.
- Taxe foncière : le bassin fait grimper la valeur locative. La moitié de cette hausse entre dans le calcul. Selon la commune, pour une piscine classique, il faut prévoir une majoration annuelle de 150 à 350 €.
- Piscine de moins de 10 m² : ni taxe d’aménagement, ni impact significatif sur la taxe foncière.
La taxe d’archéologie préventive (0,4 % de la valeur forfaitaire) s’ajoute au moment de la construction. Seules les piscines fixes sont concernées ; les modèles démontables sont hors périmètre.
Déclarations, évolutions fiscales à venir et outils pour estimer vos impôts
Toute piscine de plus de 10 m² suppose d’effectuer une déclaration préalable en mairie, suivie d’une formalité en ligne. Pour les bassins dépassant 100 m², le permis de construire devient indispendable. Lorsque le chantier se termine, vous disposez de 90 jours pour déclarer la fin des travaux ; cette démarche ouvre droit, sous conditions, à une exonération partielle de taxe foncière pendant deux ans. Dépasser ce délai fait perdre cet avantage fiscal.
Négliger cette étape expose à une sanction : rattrapage fiscal, majoration, sanctions financières. Aujourd’hui, l’administration fiscale dispose d’outils extrêmement efficaces : imagerie satellite, recoupement de données cadastrales, contrôles ciblés. La fiscalité des piscines fixées, enterrées, semi-enterrées, intérieures, devient chaque année plus transparente et plus surveillée. Les piscines amovibles, pour leur part, restent globalement en dehors des radars, sauf si elles demeurent sur place toute l’année.
Estimez vos impôts en quelques clics
Pour prévoir l’impôt à venir, trois réflexes simples permettent d’y voir clair :
- Recourir au simulateur officiel développé par les impôts afin d’évaluer votre future addition.
- Indiquer la surface exacte du bassin, le type de piscine ainsi que la commune d’implantation.
- Vérifier les taux applicables (commune, département, région) pour calculer le montant.
Les prochaines années promettent de nouvelles évolutions, entre extensions de la surveillance aux abris, réajustements des régimes d’exonération ou modification des seuils déclaratifs. Chaque année, les règles du jeu changent, dessinant pour les piscines un paysage fiscal en mouvement permanent. L’eau du bassin n’est jamais tout à fait transparente pour les impôts : surveiller, anticiper, ajuste le rêve d’un bain d’été au prisme de la réalité administrative.


